
"You got the money, you got the power." Avant même sa sortie, Grand Theft Auto VI est déjà le jeu vidéo de tous les superlatifs : les rumeurs lui prêtent le plus gros budget de l'histoire de l'industrie, à hauteur d'un ou deux milliards de dollars ; une équipe de développement titanesque de plus d'un millier de personnes aurait été nécessaire à sa création et à celle de la ville la plus riche et vivante jamais proposée ; plus de 31 millions de spectateurs et spectatrices ont regardé en simultané son trailer sur Netflix, la plateforme ayant déboursé plus de 100 millions de dollars pour avoir l'exclusivité de sa diffusion. GTA VI fera date et les autres éditeurs ne s'y trompent pas, préférant décaler la sortie de leurs titres de quelques mois plutôt que de se retrouver noyé dans le tsunami médiatique qui accompagnera le lancement du "plus grand jeu de tous les temps", comme le surnomme déjà la presse. Que ce soit en termes de moyens, d'attente et de retentissement, il n'y a pas deux jeux comme GTA VI, et ce manque cruel de comparaison rend difficile la compréhension du phénomène que représente la sortie d'un tel objet culturel. Pour prendre un peu de hauteur sur cet évènement, la bibliothèque Václav Havel reçoit Angelo Careri , rédacteur en chef de la revue Immersion et enseignant à l’École des Arts Décoratifs PSL et à l’Institut de Création et Animation Numériques (ICAN). Il viendra présenter son livre Grand Theft Auto : Crime et Architecture publié aux éditions Façonnage, qui retrace l’histoire du studio Rockstar Games et de sa série de jeux vidéo GTA. Claude, le héros de Grand Theft Auto 3 ; Crédits : Rockstar Games "You're everything that's wrong with this country !" Le livre d'Angelo Careri apporte en effet beaucoup de clefs de lectures pour comprendre cette saga, interrogeant le genre de l'open world et ce que ses jeux disent de notre propre rapport à la liberté, au crime, à l'intime, à la ville. Ainsi, nous guidant au hasard des déambulations virtuelles dans les rues fictives de Los Santos, Vice City et Liberty City , Angelo Careri questionne l'urbanisme des mégalopoles américaines et ses possibilités de circulations , qu'elles soient sociales ou spatiales.
